Chacun réagit différemment face au télétravail obligatoire à distance.

Marc : « je me sens seul, désorienté et démotivé, j’ai l’impression de tourner en rond ».
Christine :« pour moi c’est le paradis, je travaille à domicile, je m’occupe de mes animaux et je mange même à midi chez moi en terrasse : que demander de plus ! »
De la plus insoutenable solitude au quasi-épanouissement égocentré, les réactions sont multiples. Connaître son profil motivationnel et celui de ses collaborateurs, c’est savoir activer les bons leviers pour éviter le désengagement.

La théorie

Depuis le début du 20ème siècle les comportementalistes étudient la motivation.

1911- Pour Taylor, l’argent est le facteur de motivation principal pour l’exécution de tâches simplifiées à l’extrême. 1943 – Pour Maslow, la célèbre pyramide à cinq niveaux allant de la nourriture à la réalisation de soi donne aux besoins fondamentaux une place première et chronologique : « il faut d’abord se nourrir pour passer au stade de motivation suivant ». 1959 – Herzberg sépare les facteurs extrinsèques (facteurs d’hygiène) et intrinsèques : alors que le salaire, hygiénique, doit être suffisant pour disparaître en tant que sujet de discussion, la réalisation de soi se construit sur « une activité qui correspond à mes valeurs et me fait évoluer ».

2009 – A l’aire de Daniel Pink, nous découvrons que l’argent n’est pas un facteur de motivation pour réaliser des tâches complexes dites cognitives. Nous sommes naturellement attirés par la résolution de problèmes pour grandir, et sommes d’avantage motivés quand nous sommes connectés à un « sens ».

2020 – Mais ce focus prédominant sur le « sens » ne doit pas faire oublier la diversité des motivations.

« Tout le monde n’a pas besoin de sauver le monde pour être motivé ».

Les tests de personnalités ouvrent aussi une nouvelle voie dans l’étude de nos motivations, en faisant émerger nos forces et talents : « je ferai mieux que quiconque ce pourquoi je suis doué ! »

Profil motivationnel
A la croisée de ces différents mondes voici un outil simple qui permet de découvrir votre profil motivationnel selon ce principe : qu’est-ce qui m’anime pour allez travailler le matin ? Dans nos formations leadership, nous structurons la motivation en cinq grandes typologies. C’est le lien vers une approche pragmatique et activable pour faire émerger votre « profil motivationnel » et ceux de vos collaborateurs.

Vous pouvez maintenant continuer la lecture.
Type 1 : « Je me lève le matin pour obtenir des résultats concrets ! »

C’est la fourmi du lot. Elle se lève pour mettre des croix dans sa liste des « to do ». Quelle satisfaction le soir d’en avoir fini avec la liste du jour ! La perspective de l’action réalisée est alors la motivation principale.

Type 2 : « Je me lève le matin pour retrouver mon écosystème, mes collègues, nos bureaux ! »

C’est l’animal collectif. Rien n’est plus motivant pour lui que d’être au milieu de ses collègues et/ou dans de beaux locaux. Sur le chemin du travail il se réjouit déjà de retrouver la cafétéria, ses collègues, les histoires, les réunions … Il se ressource dans l’interaction et puise ses idées dans les discussions avec les autres. L’autre est alors catalyseur des énergies et la motivation.

Type 3 : « Je me lève le matin car je sais que ce soir j’aurai ma paye quotidienne ! »

C’est le félin, pas trop attaché, indépendant et en quête de la chasse du jour. Il cherche avant tout au quotidien un retour rapide pour un travail exécuté : le salaire ou les feedbacks immédiats sont les maîtres mots qui guident sa motivation. Il a sans doute une autre vie, passion, après le travail.

Type 4 : « Je me lève le matin et je me réjouis d’aller travailler, j’adore ce que je fais !»

C’est l’abeille. L’action, la tâche, est sa propre récompense : ce qu’on appelle l’activité « autotélique ». Réaliser une belle montre pour un horloger, exécuter une formation pour un formateur, écrire pour un écrivant… au moment de l’activité, le reste disparaît et je suis pleinement rempli de cette action.

Type 5 : « je me lève le matin pour défendre notre cause si noble »
Le Saint Bernard est prêt à tout pour la cause qu’il défend. Il se hâte au quotidien vers son bureau pour aller sauver le monde… Il trace son destin au côté de cette mission plus grande que lui, à laquelle il adore apporter sa pierre, grande ou petite.

Comment la situation de travail en confinement impacte-t ’elle les profils motivationnels ?

Tentative de réponse…

Le type 1 – résultats

… peut très bien vivre en mode confiné. Il continue alors de créer des vues des résultats qu’il obtient. Il lui faut visualiser ses avancées. Mais il le fait sans doute déjà « dans la vrai vie ».

Le type 2 – écosystème

… en détresse. Durant les formations leadership : j’en rencontre beaucoup car ils sont nombreux dans les entreprises à aimer « être avec les autres » ainsi que l’ambiance en entreprise. Tout le monde ne rêve pas du télétravail, loin de là ! Alors dans cette période, il faut redoubler de contacts quotidiens par téléphone par webcam… tout ce qui leur permet de se rapprocher des autres sera bénéfique.

Le type 3 – retour immédiat

… a besoin d’une dose quotidienne de retour immédiat. Du moment que cette dose est assurée cela ne changera pas grand-chose pour lui. Il pourra même être content de devoir investir moins de temps dans les déplacements.
Le type 4 – plaisir au travail

… pour un écrivain, un compositeur qui travaille déjà chez lui son plaisir au travail se réalise très bien à son domicile, à condition de ne pas avoir besoin de ballades inspirationnelles de plus d’une heure…. Un formateur professionnel qui aime être physiquement en action sera plus en difficulté. Retrouver le maximum de ce plaisir à la maison est alors le mot d’ordre. Comment garantir une continuité de mon plaisir au travail à la maison ? Je le fais par exemple en écrivant cet article et en le partageant avec vous.

Le type 5 – sens

… il se ressourcera pour affronter cette vague au travers ses actions et tâches « qui ont du sens » pour sa cause. Le danger dans cette période est qu’il voit son sens ébranler ou qu’il s’éloigne du sens original qu’il donnait à son travail. Ce type de motivation est très fragile car connecté aux valeurs: les personnes en quête de sens ne pardonnent pas un désalignement du sens de leur entreprise avec leur valeur, et peuvent alors s’effondrer du jour au lendemain.

 

En conclusion, je vous propose maintenant d’aller chercher par téléphone ou Skype/Teams deux profils motivationnels de vos collaborateurs ou collègues. Car découvrir le profil motivationnel de vos collaborateurs et collègues, c’est pouvoir ensuite les aider à surmonter leurs passages à vide, dans cette période inédite pour toute l’humanité… et la motivation.

 

Excellente journée à tous

Icon pour envoyer un mail à Julhiet Sterwen